Sur son nouvel album Magic Oneohtrix Point Never, on peut dire que la boucle et bouclée pour les explorations sur la nostalgie de Daniel Lopatin, avec une musique composée dans la solitude de la pandémie de covid19, période pendant laquelle il a utilisé son temps seul pour trouver l’inspiration dans ses débuts.
Et au coeur de cet album on trouve son amour de toujours pour la radio. Il attribue ses goûts musicaux éclectiques aux radios libres et universitaires qu'il écoutait dans sa jeunesse. Le nom même de Oneohtrix Point Never est tiré du nom de la radio Magic 106.7 de Boston, qui se dit en anglais One-o-six point seven. 

Je me suis longtemps demandé ce que c’était que ce nom bizarre et bien voilà son origine. Et Daniel Lopatin puise dans le pouvoir de la radio à connecter les gens par la musique, même à distance et la façon dont il combine toutes les facettes de sa musique donne l’impression qu’il scanne différentes fréquences sur un poste de radio. 

À en juger par la quantité de territoires musicaux et conceptuels couverts par Lopatin, Magic Oneohtrix Point Never pourrait être un album d'une densité intimidante, mais il est en fait remarquablement engageant, surtout si on le compare à son ambitieux album Age Of de 2018.

L’accessibilité radio-compatible de ce nouvel album apporte davantage d’unité, d’humanité et d’intimité à la musique de Oneohtrix point never. Alors que les différentes parties de son œuvre étaient souvent brillantes en elles-mêmes, elles s'entremêlent ici de façon saisissante. Les chansons pop sont parmi les plus belles de Lopatin, allant de "I Don't Love Me Anymore", un titre au rebondissement trompeur, au titre "Lost But Never Alone", qui rappelle son album garden of Delete. 

Il y a quelques invités discrets sur Magic Oneohtrix Point Never

L'éblouissante pop de chambre de "Long Road Home" est agrémentée par la voix fantomatique de Caroline Polachek, mais l’invité le plus marquant de l'album apparaît pourtant de façon presque anonyme : la voix traitée de Weeknd n'est en effet qu'une partie des textures luxuriantes de la ballade de puissance déconstruite de "No Nightmares".

Lopatin s’applique toujours autant à transformer des morceaux oubliés de la culture pop en commentaires à portée sociale. Ainsi les interludes tissés à travers l'album utilisent des "format flips" soit le moment où un animateur de radio s’exprime une dernière fois avant qu'une station de radio ne change de format, et il utilise ceci pour exprimer de façon poignante les thèmes des souvenirs et de l'obsolescence : Ainsi un animateur dit sur l’interlude "Cross Talk IV/Radio Lonelys" "The country will not die...it will just have a new home," (Le pays ne mourra pas... il aura juste une nouvelle maison). Le goût de Lopatin pour la musique new age - l'une des dernières frontières pour les geeks de la musique qui cherchent à dénicher des trésors oubliés - se retrouve particulièrement sur "The Whether Channel", une belle frontière parsemée de mélodies pétillantes et de sons concrets. 

En se mettant à l'écoute de son passé, Lopatin partage quelque chose de particulier avec son public. Tout aussi stimulant que réconfortant, Magic Oneohtrix Point Never pourrait bien être l'album qui saura convaincre les auditeurs qui ont apprécié, mais pas totalement adopté, la musique de ses précédents albums.

https://oneohtrixpointnever.bandcamp.com/album/magic-oneohtrix-point-never

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